ERIC FAURE
vendredi 05 septembre 2008, 11:33
« L'an dernier, nous utilisions des tickets traditionnels avec des languettes en papier et des contremarques , explique Sophie Maes qui a rejoint son père André au sein de la société de promotion de l'épreuve, Spa Grand Prix. Ce système était lent et montrait vite ses limites : sièges vendus deux fois, erreurs d'aiguillage, files d'attente, etc. Nous voulions une solution moderne. »
Cap sur Liège à présent, le parc scientifique du Sart-Tilman où siège RFIDEA. Spécialisée dans la technologie de l'identification par radiofréquence, cette firme d'une quinzaine de personnes s'est fait connaître dans les secteurs pharmaceutique et logistique où la traçabilité se révèle essentielle : « Avec le ticketing d'événements, nous abordons un nouveau champ d'activités et le Grand Prix est notre premier challenge de cette taille » , note François Detraux, chargé de la communication.
L'an dernier, RFID avait déjà été utilisée pour les billets VIP lors de la venue des F1 en Ardenne. L'expérience s'étant révélée positive, elle a été élargie à l'ensemble de la billetterie.
Chance : la majorité des réservations de places s'effectue bien sûr via internet et le site du Grand Prix de Belgique. Concrètement, les opérations sont assez simples : « Le spectateur internaute choisit une place bien définie – zone, tribune, bloc, rangée, siège, jour – et il précise ses nom, prénom et adresse de livraison du billet. Une fois le paiement enregistré, l'organisateur livre ces données à RFIDEA qui les intègre dans une puce scellée à l'intérieur du billet, lequel est livré via Fedex ou TaxiPost. »
Jusqu'ici, le progrès n'apparaît pas évident, même si le risque d'overbooking est diminué ( « Moins d'interventions humaines » , souligne Sophie Maes). L'évolution marquante est attendue sur le terrain : « En 2007, les contrôleurs devaient jongler avec une trentaine de tickets différents et perdaient beaucoup de temps à faire le tri. Désormais, ils visionneront toutes les informations d'un coup de scanner et pourront directement aiguiller la personne. Et si deux prétendants se disputent un même siège, un simple scannage permettra de clore la discussion. »
La RFID sera également utile dans la lutte contre les resquilleurs : « Le scanner enregistrant chaque entrée et sortie de la zone, il sera impossible de passer le contrôle puis de glisser le billet sous le grillage au copain ! Cette technologie entraîne la disparition des contremarques distribuées aux sorties de bloc dont la gestion était fastidieuse et ralentissait les flux. »
Les données personnelles de l'acheteur n'apparaîtront pas sur l'écran des scanners et Big Brother ne pourra suivre personne à la trace. D'autre part, le système basé sur 85 appareils de lecture permettra à l'organisateur de mieux répartir ses contrôleurs en 2009 s'il constate a posteriori de gros mouvements de spectateurs à tel ou tel endroit.
Si Spa Grand Prix et RFIDEA ne pourront très logiquement tirer un bilan de cette première que la semaine prochaine, des perspectives intéressantes se dégagent dès à présent : « Le passionné pourrait conserver son billet qui serait réactivé pour l'édition suivante. Autre piste, l'adoption d'un support plastique. Cependant, le matériel utilisé cette année, carton et puces, a subi avec succès une belle série de tests, notamment un passage dans une machine à laver ! »
On ajoutera pour être complet que plusieurs organisateurs de gros événements – dont d'autres Grands Prix – suivent l'opération d'un œil intéressé. De là à imaginer de nouveaux débouchés pour la société liégeoise, il n'y a qu'un pas. Pour RFIDEA, qu'importe donc si Hamilton, Massa ou un autre l'emporte, l'enjeu sera dans les tribunes.
Tous les spectateurs seront « marqués à la culotte »
By Eric Faure
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